Boîte à i-DD

Des rues vivantes grâce à la gestion des « frontages » : épisode 1

A l’approche des vacances, vous recherchez peut-être des idées de lecture ? Bien évidemment, nous n’allons pas vous faire la pub des romans de l’été, mais pour les amateurs des problématiques urbaines, pour ceux que la question de la qualité du cadre de vie taraude, ou plus simplement pour ceux qui aimeraient embellir leur commune « autrement » que par le fleurissement des places et ronds-points, il est un livre que vous vous devez de lire, si ce n’est déjà fait : « Reconquérir les rues – Exemples à travers le monde et pistes d’actionsPour des villes où l’on aimerait habiter » paru en 2012 aux éditions ULMER. 

Son auteur, Nicolas Soulier, est architecte, urbaniste et professeur d’architecture. Il livre ici sa réflexion sur notre rapport à la rue, qu’il relève d’approches routière, technicienne, réglementaire ou à l’opposé d’une démarche d’appropriation et d’embellissement par les particuliers, pour nous conduire vers des pistes d’actions concrètes pour des rues attractives et conviviales.

Couverture de l'ouvrage

Couverture de l’ouvrage

Lu et approuvé par Siam Conseils !

> Pourquoi on aime?

Parce que Nicolas Soulier nous démontre ici avec force arguments que la réussite d’un projet urbain repose pour beaucoup sur la confiance et la responsabilisation de chacun, que l’instauration d’un dialogue ouvert et empathique avec la population est la meilleure voie pour créer des espaces vivants et accueillants.

Parce que c’est un livre qui démontre l’intérêt d’une démarche de projet intégrant :

    • une approche sensible, vécue, non quantifiable et pourtant indispensable à la création des lieux de vie
    • une dimension évolutive, adaptable : le « zébrage » pour utiliser un terme technique, c’est-à-dire la possibilité donnée à un espace d’accueillir différentes fonctions, non déterminées à l’avance mais qui viendront d’installer avec le temps, selon les besoins
    • un dialogue constant et une ouverture aux essais et aux initiatives

Parce qu’on y retrouve l’illustration concrète des propos de Lucien Kroll : le holisme, la vicinitude et l’incrémentalisme !

Parce qu’il s’inscrit dans la lignée du « Nouvel Urbanisme »

Parce que c’est un livre qui fait voyager, en Europe mais aussi au Japon et aux Etats-Unis, attestant que par-delà les frontières, les mêmes questions se posent, qu’on a tous besoin d’un lieu de vie agréable et qu’on peut tous y contribuer simplement en s’occupant du pas de sa porte.

Et parce que c’est un livre optimiste, dont on ressort « gonflé à bloc » et plein d’envies !

Vous l’aurez compris, parce que ce livre fait écho à notre approche du projet urbain. Il nous conforte dans nos idées et nourrit notre réflexion tant sur l’aspect de la composition des nouveaux quartiers que sur les modalités des dialogues à instaurer avec les habitants.

Et comme ce sujet nous passionne, nous vous proposons de le développer au cours des prochains mois par une série d’articles montrant des exemples concrets de réalisation.

Mais avant cela, voici quelques extraits du livre de Nicolas Soulier – que vous pouvez retrouver également sur son site internet.

La notion de « Frontages »

Extraits des pages 126 et 127 du livre (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Extraits des pages 126 et 127 du livre (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

La « stérilisation » des espaces publics

Extrait de la page 28 du livre

Extrait de la page 28 du livre

Le livre de Nicolas Soulier nous apporte les éléments de compréhension, et plus exactement, de mise en évidences des mécanismes qui vont rendre un espace urbain agréable à vivre et à pratique ou au contraire hostile et « stérile ».

Les espaces « stériles » nous sont quotidiens, à tel point qu’on en arrive à penser qu’ils sont un mal nécessaire.

 

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 Une voie dans un lotissement : le passage surélevé rajouté après coup pour limiter la vitesse dans cette grande ligne droite déserte, les trottoirs – stationnement, les jardins de devant des maisons cachés derrière un mur surélevé de haies.

 

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Autre lieu, même configuration. Les trottoirs sont ici réduits à portion congrue… Par contre, quelle belle piste !

 

Les opérations récentes n’échappent pas à la « stérilisation » :

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Là, l’ambition est de créer des espaces partagés, dissociés de la voiture, en cœur d’ilot. Mais, pour prémunir les habitants des regards, on clôt cette place de murs et de plates-bandes remplies d’un couvre-sol dissuasif. Qui ira jouer aux boules ou laisser ses enfants taper dans le ballon sous les regards des voisins ?

 

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Ici, l’on souhaite retrouver l’architecture charentaise mais en gardant des gabarits de voiries traditionnels et des surfaces imperméabilisées facilitant l’entretien quotidien. Résultat, la rue est une route et les trottoirs devant les façades, pensés pour les piétons, sont appropriés par les voitures.

 

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Ici, le vert atténue la froideur de l’espace public où rien ne passe d’autre que la circulation et le stationnement automobiles. Et pourtant, n’est-ce pas un terrain propice à la reconquête par ses habitants …?

A suivre !

 

Sources : 

– ouvrage de Nicolas Soulier : « Reconquérir les rues – Exemples à travers le monde et pistes d’actions – Pour des villes où l’on aimerait habiter » , paru en 2012 aux éditions ULMER

site internet de Nicolas Soulier

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