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Interview de Gilles Gallichet

Interview de Gilles Gallichet

 

Fiche Signalétique

Juriste – économiste de formation, et urbaniste 3ème cycle, Gilles Gallichet, après avoir débuté au sein du mouvement PACT-ARIM, a créé sa première agence privée d’urbanisme. Il n’a cessé depuis près de 25 ans de militer pour la reconnaissance du rôle des urbanistes de programmation dans la mise en œuvre des projets communaux d’aménagement. Il dirige actuellement le cabinet Siam Conseils (37 Tours) qu’il a créé en 2000.

La parution actuelle de son ouvrage intitulé « Aménager en Territoire péri urbain : pièges et démarche » aux Editions de l’Harmattan, nous fournit l’occasion de l’interroger sur ses convictions et de comprendre les motivations qui l’ont conduit à rédiger cet ouvrage.

•   Précisez-nous votre constat, quelles sont vos motivations?

Ce constat fait l’objet d’une première partie de mon livre, intitulé « les pièges tendus aux collectivités »*. Nous avons dans le cadre de l’activité de mon agence d’assistance au maître d’ouvrage, durant le dernier mandat, assisté plus de cinquante collectivités de toutes tailles dans le montage de leurs projets d’aménagement de nouveaux quartiers. Plus de la moitié de ces projets confiés dès le démarrage de la réflexion communale, à des concepteurs, de formation architecte, ont dû être arrêtés faute de réalisme.

•   Vous entendez par là que les maires au terme de plusieurs années d’études, après avoir dépensé des sommes importantes et engagé la concertation avec leurs habitants ont dû faire marche arrière…

Exactement ! Plusieurs années perdues, un crédit politique entamé, des budgets gaspillés en cette période de crise financière des collectivités. Quand il nous est demandé d’organiser la consultation des aménageurs, nous faisons le constat que le programme retenu par les concepteurs ne correspond pas au marché et aux besoins des habitants et surtout que le bilan prévisionnel laisse apparaître un déficit insupportable pour la collectivité. Le dessin, pour reprendre les termes de Patrick Chotteau a pris le pas sur le dessein.

•   Quelles solutions préconisez-vous pour remédier à cette situation ?

Tout d’abord je ne peux que confirmer l’intuition de la MIQCP qui consiste à recommander aux élus de s’entourer, dès l’amont du projet, d’une ingénierie de la programmation au service du projet communal, de permettre aux élus de décider de leur stratégie en pleine connaissance de cause. Le politique doit primer sur le technique, c’est capital.
J’ai proposé dans le second chapitre une démarche simple et pragmatique de conduite du projet urbain, démarche que nous appliquons dans notre activité quotidienne aux cotés des élus de communes péri urbaines.

•   Pouvez-vous nous donner simplement les grandes lignes de cette démarche ?

Nous proposons aux élus et à leurs services de fonder le projet stratégique de la collectivité en donnant des réponses à cinq premières questions très politiques :

    • Le pourquoi du projet ? Question des besoins, de l’image et des choix stratégiques de la commune
    • Le pour qui ? Question des cibles et du volet social
    • Le combien et dans quel phasage ? Question de l’importance du programme et de son rythme de réalisation.=
    • Le comment ? Choix des typologies, des densités, des concepts durables …
    • Et enfin le ? Question cruciale du choix du site et de son dimensionnement

Le programmiste urbain est aux cotés de la commune pour apporter tous les éclairages et tous les chiffres qui vont permettre de fonder le projet et lui donner des bases solides et ce en amont de toute intervention du dessin.

•   Le projet stratégique est ainsi fondé, reste à en vérifier la faisabilité et les modalités de réalisation …

C’est tout à fait cela. Les cinq questions suivantes vont amener les élus à poursuivre la réflexion.

    • Le projet est-il équilibré financièrement ou du moins la ville aura-t-elle les moyens de le financer ou de trouver un aménageur capable de le mettre en œuvre ?
    • La fiscalité permettra-t-elle à la commune de financer les actions d’accompagnement de l’arrivée de nouvelles populations ?
    • Quelle procédure permettra d’atteindre le mieux les objectifs communaux ?
    • En régie ou concédée ? C’est la question du statut de la maîtrise d’ouvrage.
    • Et enfin avec quel partenaire ?

Je voudrai, pour être complet, terminer en insistant sur la nécessité d’engager, dans cette démarche, les deux dialogues : le dialogue participatif avec les forces vives locales d’une part et contributif avec l’ensemble des acteurs de l’acte de construire d’autre part.

 
 

Les 7 pièges tendus aux élus locaux

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