Boîte à i-DD, Dialogue participatif

Le dialogue participatif : épisode 1

Le dialogue participatif fait un retour en force dans les nouveaux projets d’aménagement. Plus un appel d’offres ne sort sans demander la mise en place de modalités d’animation et d’implication de la population innovantes, permettant d’aller au-delà de la concertation.

Mais derrière ces termes génériques et cette heureuse ambition de partager le projet, qu’entend-on réellement par dialogue participatif ? Quand le mettre en place ? Avec qui ? Et pour quels résultats ? Y a t’il des pièges à éviter ?

Suite à la vingtaine de dialogues participatifs menés lors du dernier mandat, voici quelques-uns des enseignements que nous en avons tirés.

Episode 1 – de la concertation au dialogue participatif : quels enjeux ?

Force est de constater les limites de la concertation traditionnelle : exposition, réunion publique, communication dans les journaux et bulletins municipaux touchent un public peu diversifié, le plus souvent intéressé à titre personnel au devenir de son voisinage – désigné souvent par le terme « NIMBY » (not in my backyard) – et souvent seniors. Or, un projet d’aménagement urbain, initié par une collectivité, relevant par définition de l’intérêt général, a vocation à répondre aux besoins de tous les habitants.

Pourquoi la concertation traditionnelle touche si peu les publics ?

« Parce que toutes les décisions sont déjà prises » entend-on régulièrement. La concertation arrive nécessairement à la fin d’une étape de conception : des choix ont été effectués pour permettre d’avancer dans le projet. A ce titre, la concertation vise à recueillir des avis. Elle est, pour autant, une étape décisive : officialisant et validant le projet ou à l’inverse ouvrant la voie aux recours contre les partis pris…

• Parce qu’elle se déroule le plus souvent sous la forme d’une information donnée, sans véritable temps de débats ? Le registre est là pour consigner les remarques… mais qui créé également une distance entre le porteur de projet et le public.

• Parce qu’elle est le plus souvent un moyen d’ajuster le projet au regard des intérêts particuliers : puisque les habitants directement touchés par le projet constitue le public majoritaire à se déplacer et à se faire entendre.

Parce qu’elle n’arrive pas à toucher les (futurs) usagers ? Le temps du projet urbain est bien plus long que le temps du projet personnel de déménagement ou d’acquisition. Les principaux intéressés ont des difficultés à se projeter.

Le dialogue participatif : une belle idée ?

Face à ces constats, le dialogue participatif se donne pour objectifs :

>  D’impliquer un public diversifié, représentatif des futurs usagers du projet.
>  Donner la possibilité de co-construire le projet
>  Créer des espaces de dialogue direct entre élus et administrés, avant toute validation.

Le dialogue participatif : quels objectifs ?

Le dialogue participatif est un outil au service du projet. Son « emploi » suppose de définir au préalable l’objectif et le sujet.

Différentes ambitions peuvent s’exprimer :

  • « Analyser » : tout projet part rarement d’une page blanche. Le DP permet un partage et un échange sur les enjeux du projet. Les préconisations permettent d’enrichir le travail de conception à suivre.
Un exemple à La Couronne (16) :
Etude de faisabilité pour l’aménagement du secteur des Sables – extrait du rapport de restitution du dialogue participatif. Etape 1 : partager les enjeux de l’urbanisation de ce secteur avec les participants
IMAGE-LACOURONNE-SBS
 
  • « Eprouver » : un débat sur les partis pris du projet, en amont des validations : le relevé des points durs permet à la collectivité d’ajuster son projet en amont de la phase traditionnelle de concertation et de limiter les risques de recours.
Un exemple à Roëzé-sur-Sarthe (72) – le PLU :
Le Comité Consultatif a réfléchi à la pertinence des zones à ouvrir à l’urbanisation au regard des propositions du bureau d’études. Leurs propositions ont également porté sur l’ordre prévisionnel d’ouverture à l’urbanisation des différents espaces.Leur préconisations ont conforté l’équipe municipale sur ce volet majeur du PLU.
IMAGE-ROEZE-SBS
 
  • « Co-concevoir » : c’est l’ambition majeure de tout dialogue : permettre aux futurs habitants de contribuer à l’élaboration du projet, pour mieux intégrer des attentes difficilement identifiables, pour encourager l’appropriation futur du quartier, pour relier le projet aux habitudes pré-existantes…
Un exemple à Marennes d’Oléron (17) – ZAC de la Marquina – conception agence DMP :
Face aux besoins relevés de créer des logements adaptés aux seniors, le Comité Consultatif a élaboré une programmation permettant à l’architecte de concevoir un îlot intergénérationnel type. Les débats ont porté sur la surface des terrains, l’organisation des espaces communs, la gestion du stationnement.
IMAGE-MARENNES-SBS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>