Boîte à i-DD, Non classé

Le dialogue participatif : épisode 3

Episode 3 : L’animation du dialogue

Comment mener concrètement une étape de dialogue participatif ? Avec qui ? Quelle durée prévoir ? Comment aboutir à des enrichissements du projet ?

L’idée n’est pas ici de proposer un cours ! Mais d’identifier les différentes conditions qui facilitent la réflexion sur le projet et aboutissent à un projet co-élaboré.

1.   La constitution du panel pour le dialogue est la première étape déterminante : l’intérêt personnel ou professionnel des individus au projet rendra évidemment plus difficile le travail de prospective exigé dans ce cadre. Sans exclure les premiers concernés de la participation, il faudra toujours veiller à équilibrer le comité en associant également des personnes neutres sur ce plan : associations, habitants d’autres quartiers, personnes en recherche de logements sur la commune…

2.   La participation des élus est également à appréhender finement, en fonction des étapes du dialogue. Les élus, en tant que maître d’ouvrage, ont pour mission de mener le projet à sa réalisation, dans le respect de l’intérêt général. Représentant de la collectivité, les décisions sont prises in fine par le Conseil Municipal. Le temps de dialogue a donc pour objectif d’enrichir la réflexion afin de conforter la prise de décision.

La représentation de la maîtrise d’ouvrage dans les temps de dialogue est importante pour marquer l’implication de la collectivité dans son projet. Il faut pour autant ménager des espaces de paroles et de réflexions libres, pour laisser s’exprimer les différents points de vue et ne pas orienter le débat vers des solutions pré-établies : pendant ces temps, un élu peut assister et participer au débat, en gardant une position de neutralité, et pour s’imprégner des avis et propositions diverses.

La phase la plus importante sera le temps d’analyse des propositions issues du dialogue avec les participants : les élus ont là à traiter l’ensemble des questions et scénarios proposés et à se positionner sur l’intégration dans le projet. Toute la légitimité de la démarche repose sur ce moment où l’équipe municipale – et ses prestataires professionnels – font évoluer leur projet au regard des propositions légitimes, et expliquent à l’inverse les raisons du refus de certaines propositions.

3.   Les séquences du dialogue – à chaque étape – suivent donc 3 temps :

1. L’appropriation du sujet à traiter : le partage d’un vocabulaire commun, la connaissance des données cadre du projet, la visite du terrain sont des préalables indispensables à chacun pour devenir forces de proposition. Ce temps est aussi celui du questionnement, parfois virulent, où émergent doutes, angoisses, opinions marquées.

2. Le temps de l’approfondissement et des propositions : les ateliers proprement dits sont des temps privilégiant l’échange, la réflexion par groupe. A cette fin, de multiples supports peuvent être mobilisés : questionnaires, maquettes de travail, dessins… L’animation de l’atelier doit favoriser l’expression de tous et accompagner les débats pour dépasser les points de blocage et faire émerger des propositions de solution concrètes. Il ne s’agit pas non plus d’arriver à un consensus sur le projet, mais plutôt de faire émerger les positions fortes entre lesquelles les élus auront la charge de trancher.

3. Le temps de la restitution et de l’échange avec le groupe projet (élus – prestataires) : la présentation des conclusions du dialogue, à chaque étape du projet, au Comité de Pilotage est une étape essentielle, qui se prépare en amont. Les élus et l’équipe de prestataires analysent chaque proposition afin de déterminer les évolutions à apporter au projet. La réunion finale, en présence des participants et des élus permet le débat direct sur le projet : réponses aux questions initiales, analyse des propositions issues des participants, modalités d’intégration dans le projet… Elle doit également permettre d’annoncer les modalités de participation dans l’étape suivante.

4.   L’animation du dialogue

De nombreux professionnels proposent aujourd’hui d’intégrer l’animation du dialogue participatif sur le projet dans le cadre de leur prestation, signe positif d’une évolution souhaitée et assumée dans le mode de conception des projets.

Le choix de l’animateur est important pour la collectivité : quelles compétences rechercher ? L’animateur peut-il être un employé de la collectivité ? Peut-il être le concepteur du projet ?

Quel que soit son statut vis-à-vis du projet, l’animateur doit :
>  Connaître le sujet : le site du projet, son historique, son contexte, ses enjeux, ses orientations, et à ce titre disposer d’un bagage technique en urbanisme.
>  Ne pas prendre parti pour le projet : son rôle est d’être un intermédiaire entre les participants et les élus. Il s’agit donc d’être en capacité d’apporter les éléments de compréhension du projet, tout en restant à l’écoute des propositions – même celles qui vont à contre-sens des objectifs initialement exprimés par la collectivité.
>  Savoir analyser les réactions des participants pour dépasser les blocages et faciliter l’émergence de solutions constructives, et réalistes en termes de faisabilité.
>  Rendre compte des différents points de vue exprimés sans dénaturer les propos.

5. La durée du dialogue

Un projet co-conçu avec les habitants supposent un dialogue mené tout au long du processus d’élaboration et de réalisation. Cependant, le temps, toujours long, du projet urbain avec ses différentes étapes politiques, administratives, techniques, ne permet pas de mobiliser en continu les participants. Il est donc utile de mener le dialogue à chaque étape (faisabilité, création, réalisation, phase opérationnelle dans le cas d’une ZAC) en des séquences tenues dans le temps (un à trois mois selon les sujets). En effet, un rythme soutenu de réunions dans une période délimitée facilitent l’implication des participants.

Les méthodes d’animation obéissent à un corpus de règles assez simples, relevant du bon sens, mais qui doivent toujours être adaptées au contexte particulier du projet et à son « timing ». Entre les objectifs fixés par les élus, et le projet totalement ficelé par les concepteurs, la fenêtre de tir pour animer un dialogue participatif est étroite !

Face au discrédit actuel de la parole politique, la mise en œuvre de temps d’échanges, de partage et de co-production devient pourtant un élément fondateur de la démarche de projet, et cela particulièrement pour des projets d’aménagement majeurs qui engagent la vie de la cité !

Pour en savoir plus sur l’animation du dialogue, notre agence propose un module de formation à destination des collectivités pour les accompagner dans la définition des modalités de participation adaptées à leur projet.

PPT_DP

Extrait page 13 du support de formation au Dialogue Participatif

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>