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LES FACETTES DU METIER D’AMO EN URBANISME : 3EME CAS : CONCEVOIR UN NOUVEAU QUARTIER « HQV »

LES FACETTES DU METIER D’AMO EN URBANISME (OU MANAGER DE PROJET)

 

3EME CAS : CONCEVOIR UN NOUVEAU QUARTIER « HAUTE QUALITE DE VIE »

 

Nous poursuivons notre réflexion sur le rôle de l’AMO en urbanisme : après le rôle de l’AMO dans le cadre des audits d’aménagement (volet 1) et dans les opérations de revitalisation de cœur de ville (volet 2), nous attaquons cette semaine un volet majeur : celui consacré aux projets en extension urbaine.

Nous l’aborderons en deux temps :

  • La conception d’un quartier à « Haute Qualité de Vie » et ses composantes tout d’abord.
  • Le rôle de l’AMO en Urbanisme dans le management de projet aux côtés des collectivités dans l’article suivant.

 

Comment se situe cette question en fin 2016 ? En quelques mots …

Après un dernier mandat (2008-2014) marqué par le lancement d’un grand nombre de projets souvent sur dimensionnés et surfant sur la mode des éco quartiers et la recherche du label.

Après des réveils douloureux marqués par des abandons de projets pour des raisons ou programmatiques (typologies inappropriées, gamme de prix de vente inadéquates par rapport aux besoins réels de la population) ou financières (déséquilibres financiers, abandon de projets par les aménageurs désignés), le nouveau mandat s’est ouvert dans un contexte bien différent :

♦  Prise de conscience des effets de la crise financière sur le montage des opérations, et nouvel impératif d’équilibre financier des opérations d’aménagement.
♦  Réalisme des élus en matière de programmation des projets.
♦  Émergence des besoins des familles primo accédantes.
♦ Réalisme également dans l’appréhension de la dimension écologique et environnementale des opérations.
♦ Diminution du nombre d’aménageurs répondant aux sollicitations des communes, notamment dans le secteur péri urbain : le recentrage des acteurs para publics sur le cœur des agglomérations, l’émergence de nouveaux acteurs immobiliers tels que des promoteurs, des organismes sociaux et même des constructeurs de maisons.

Extrait du travail réalisé en collaboration avec Woodstack

– « Les choses ont progressé »… mais !

♦ La densité ne fait plus autant débat : la conscience de la nécessité d’économiser le foncier a permis d’afficher des densités bien supérieures en quelques années, malgré des cris d’orfraie.
♦  La mixité est, presque partout, bien admise.
♦  La réflexion sur la place la voiture a bien fait quelques pas timides dans la tête de nos élus … mais se heurte toujours à des réticences vives.
Les normes de constructions ont bien évolué … mais la route vers le prochain cap (RT 2020) sera encore longue et semée d’embuches.

Mais reconnaissons que les projets dits spectaculaires (enregistrés dans des quartiers emblématiques) et que la presse spécialisée a mis en exergue concernent le plus souvent de grandes agglomérations, dans des opérations très déséquilibrées financièrement et à connotation forte en logements sociaux.

Il est à craindre que la période actuelle, plus frileuse et réaliste que la précédente ne se traduise par un recul des préoccupations environnementales et qualitatives.

Extrait du travail réalisé en collaboration avec Woodstack

Extrait du travail réalisé en collaboration avec Woodstack

Les enjeux actuels :

♦ Financiers ou plus exactement d’acceptabilité financière. Les élus ne veulent plus d’opérations déséquilibrées. Le transfert des risques est par ailleurs très mal accepté par les opérateurs parapublics qui n’ont pas intégré cette pratique.

Sociaux également, non plus limités au seul logement locatif social mais étendu à la question de l’accueil des familles primo accédantes aux revenus limités.

Politiques aussi et plus que jamais : les manifestations d’hostilité contre les projets des communes sont souvent violentes : syndrome du Nimby, hostilité des riverains, refus de vendre des propriétaires fonciers, peur des impacts négatifs sur la valeur des propriétés, etc. La défiance à l’égard des politiques grandit : le dialogue participatif et collaboratif (avec les habitants puis les résidents ensuite) constitue sans doute une des pistes d’espoir pour une mise en œuvre plus consensuelle.

Architecturaux et paysagers : vivre la densité ! Faire cohabiter dans des ensembles conséquents des logements sur de petites parcelles, gérer les intimités, intégrer le végétal, harmoniser les constructions… toutes ces préoccupations sont devenues cruciales dans l’environnement dense des nouveaux programmes.

Écologiques et environnementaux enfin : place de l’automobile, traitement des déchets, choix énergétiques, préservation de la faune et de la flore, intégration de nouveaux services au cœur des opérations, proposition d’espaces de convivialité etc… autant de préoccupations qui deviennent essentielles dans les nouveaux environnements qui se dessinent.

♦ De manière claire, il apparaît que le curseur des futures réalisations se déplace de la sphère technique pure dans laquelle la mode des éco quartiers avait eu tendance à enfermer le débat pour se déplacer de maniéré assez équilibrée vers un mixe entre préoccupations techniques et qualité de vie.

♦ Nous vous présentons ci-dessous les grandes lignes de ce que nommons la conception des quartiers à « Haute Qualité de Vie » : HQV.

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Extrait du travail réalisé en collaboration avec Woodstack

Une nouvelle grille pour la conception de quartiers à « HAUTE QUALITÉ DE VIE » ?

Deux grandes familles peuvent être distinguées : SOCIAL, d’une part et ENVIRONNEMENTALE et QUALITATIVE, d’autre part.

  1.VOLET SOCIAL

Dans ce volet nous distinguons successivement :

> Le social : mixité des programmes ; volet intergénérationnel, accession des familles primo- accédantes au logement.

> Le sociétal : sous cette rubrique nous classons deux types de préoccupations :

♦ La 1ère relève de la co-élaboration et du nécessaire dialogue à instaurer pour la mise en œuvre du projet.
♦ La seconde a trait au thème de convivialité dans les opérations d’aménagement : offre de services partagés, création d’espaces communs au cœur des opérations, etc.

  2. VOLET ENVIRONNEMENTAL ET QUALITATIF

Dans ce 2ème volet, nous intégrons :

le volet écologique et durable : dans ce volet sont traitées des questions importantes comme l’eau, l’énergie, les aménités, la question des déplacements, le chantier, etc…

le volet architectural et paysager : conception urbaine, traitement paysager, gestion des intimités et des relations entre espaces publics et espaces privés, harmonisation des constructions etc. etc.

Extrait du travail réalisé en collaboration avec Woodstack

Les nouveaux quartiers, on le voit, devront développer un rapport beaucoup plus équilibré entre les deux volets et faire une plus grande part aux conditions de vie des futurs résidents au sein des quartiers. La qualité de vie dépendra de la bonne prise en considération de cet équilibre subtil.

Nous verrons dans le prochain article comment l’ASSISTANT AU MAÎTRE D’OUVRAGE EN URBANISME peut aider les communes à gérer le développement de leurs projets Haute Qualité de Vie.

1 Commentaire

  1. Super article très intéressant, les métiers liés à l’urbanisme ne sont pas les plus simple car les contraintes qu’on leur impose sont de plus en plus nombreuses, notamment en termes d’écologie.

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