Cœurs de ville et renouvellement urbain, Formes urbaines

Galerie Une petite dose de « bazar »

Les formes urbaines que nous avons parcourues pendant notre petite escapade cyclotouriste à Freiburg ne nous ont pas estomaquées. La morphologie bâtie, les prospects, les alignements et la maîtrise des perspectives sont  très maîtrisées. Les plans de masse qui ont induit ces formes sont manifestement très rigoureux. Ils obéissent à des principes très basiques et fonctionnels. On a même pu être surpris par le peu de variété ou d’accident de parcours qu’offre la promenade.

A comparer,  la mixité des typologies, la densité, le cadrage des vues lointaines sont tout autant maîtrisés dans des projets français. L’architecture est certes différente mais là n’est pas l’essentiel. On peut donc engager la route du retour en toute sérénité… A moins que : comment se fait-il qu’on s’y sente si bien ?

Pourtant, les poubelles sont dans la rue. Les végétaux sont assez mal taillés. Les herbes folles abondent. Les espaces extérieurs, dont on ne sait où démarre le domaine public, sont décorés et agrémentés de mobiliers dont l’esthétique est inégale.

 Tout projet d’habitat français se fonde au contraire sur une recherche de parfaite maîtrise de la propriété, du paysage, du fonctionnement des services publics. Ces derniers se doivent de satisfaire le précieux résident à sa porte. Le courrier, la collecte des déchets ménagers, l’accès automobile, la garantie d’espaces verts ordonnés et taillés sont des prestations exigibles jusqu’au raz de la limite d’emprise publique. La dimension suffisante et la clôture de la propriété ou de la co-propriété achèvent de parfaire la perfection du cadre de vie.

Malheureusement, c’est un luxe auquel nous allons devoir renoncer. La poste sensibilise les communes à l’intérêt du regroupement des boîtes aux lettres. La maîtrise des budgets de collecte des ordures ménagères et la recherche de rationalisation des parcours conduisent également au regroupement. La réduction des surfaces privatives est compensée par une offre plus abondante d’espaces verts publics.

 Les élus ayant entrepris ces démarches de réforme conservent une farouche volonté d’assurer une qualité de service irréprochable. Les  concepteurs et fonctionnaires redoublent d’inventivité pour anticiper sur l’incivisme et les comportements naturels des futurs administrés. C’est un puits sans fond. Il y a sans doute là une impasse. La longueur des réunions interminables sur ces thème en est la parfaite illustration.

Et si la réponse passait par une petite dose de « bazar » à injecter dans l’organisation de notre domaine public. Et si ce dernier était en partie restitué aux habitants sous forme d’espaces communs ? Et si l’organisation collective assumait une partie de l’effort ?

La qualité de l’ambiance générale des Eco quartiers que nous avons visités provient de leur caractère extrêmement vivant. Ils le sont parce qu’une part de la vie des ménages est projetée à l’extérieur des murs. Le besoin de partager certaines nécessités du quotidien anime la rue d’une manière remarquable.

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